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Une question ?

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Le jeûne sous ses différentes formes provoque dans l’organisme un stress métabolique qui induit une adaptation des voies métaboliques pour optimiser le fonctionnement des cellules et des organes. Ces mécanismes physiologiques sont, pendant un certain temps, très bénéfiques pour l’organisme. Voici les principaux bénéfices, expliquées plus précisement dans le nouveau livre du Dr Jean Marc Sabatier que vous pourrez vous procurer en cliquant ici

Article rédigé par l’équipe J&T, ainsi que Stéphanie MOUHAT (BTS de biochimie, Ingénieure en génie biologique, DEA de nutrition, Doctorat de bio-informatique et biologie structurale et génomique), lauréate du « Prix de thèse » de l’Université Aix-Marseille et Jean-Marc SABATIER Directeur de recherche au CNRS, titulaire d’un doctorat en biologie cellulaire et microbiologie, et d’une HDR en biochimie. 


Régénération cellulaire et autophagie :

Pendant le jeûne, le corps active un processus de régénération cellulaire appelé autophagie (en agissant sur les voies de signalisation dites mTOR, IGF-1 et AMPK), au cours duquel il recycle ou dégrade les protéines dysfonctionnelles, les organites intracellulaires sénescents, les éléments cellulaires endommagés, avec une élimination des toxines et une régénérescence des tissus. Ce mécanisme a été largement étudié, notamment grâce aux travaux du biologiste japonais Yoshinori Ohsumi, qui a reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 2016. Cette adaptation de l’organisme au stress métabolique permet la prévention des maladies liées au vieillissement, des maladies neuro-dégénératives (comme Alzheimer ou Parkinson), cardio-vasculaires, gastro-intestinales, et de divers cancers.

(Sources 01 en bas de page)

Amélioration de la sensibilité à l’insuline :

Le jeûne permet de réduire la résistance à l’insuline (hormone du pancréas), en abaissant son taux dans le sang, permettant à ses récepteurs de se resensibiliser et en activant un ensemble de voies métaboliques, ce qui contribue ainsi à un meilleur contrôle de la glycémie. Cela permet la prévention du diabète de type 2 et des syndromes métaboliques. Il est également associé à une perte de poids due à la restriction calorique.

(Sources 02 en bas de page)

Réduction de l’inflammation et amélioration de la santé cardiovasculaire :

Le jeûne diminue les marqueurs inflammatoires dans le corps (notamment la CRP, le TNF-alpha et l’interleukine-6) notamment, via le mécanisme d’autophagie, ce qui peut aider à lutter contre les maladies inflammatoires chroniques telles que l’arthrite ou les maladies auto-immunes et cardiovasculaires (athérosclérose par exemple).

Il permet également une réduction du taux de cholestérol LDL (mauvais cholestérol), une augmentation du taux de cholestérol HDL (bon cholestérol), une diminution de la pression artérielle et des triglycérides, ce qui limite le risque de maladies cardiovasculaires.

Enfin, il réduit la production de radicaux libres, diminuant ainsi les dommages cellulaires liés au vieillissement et aux maladies chroniques. Cela aurait même un effet bénéfique sur la progression de cancers et les effets secondaires de chimiothérapie.

(Sources 03 en bas de page)

Effets spécifiques sur le cerveau et les neurones :

Le jeûne favorise la production cérébrale de BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau), une protéine qui soutient la croissance, le fonctionnement et la survie des cellules nerveuses, dont les neurones. Cela améliore la mémoire, l’apprentissage et la résistance au stress.

A cela s’ajoute la diminution de l’inflammation cérébrale et du stress oxydatif, facteurs clés dans les maladies neurodégénératives.

(Sources 04 en bas de page)

Soutien à l’équilibre hormonal :

Le jeûne et la diminution de l’inflammation associée permettent la régulation de certaines hormones comme la leptine (hormone de la satiété) et la ghréline (hormone de la faim), aidant à mieux gérer l’appétit et les habitudes alimentaires. Il affecte également la production des hormones stéroïdes, dont les glucocorticoïdes (ex : cortisol, hormone du stress), minéralocorticoïdes (ex : aldostérone), et les hormones sexuelles (androgènes, œstrogènes et progestatifs).

Le jeûne, en particulier sous des formes comme le jeûne intermittent ou la restriction calorique, a des effets profonds sur l’équilibre hormonal. Il influence des hormones clés telles que l’insuline, le cortisol, les hormones thyroïdiennes, la leptine, la ghréline et même les hormones sexuelles.

(Sources 05 en bas de page)

Reprogrammation du métabolisme vers la production de corps cétoniques :

Le jeûne provoque un transfert métabolique de l’utilisation du glucose comme source d’énergie vers l’utilisation des lipides (acides gras) et des acides aminés cétogènes (thréonine, leucine, phénylalanine et tyrosine) par les mitochondries des hépatocytes (cellules du foie). Ceci produit des corps cétoniques qui sont une forme d’énergie alternative notamment pour le cerveau et les muscles. Ils seraient impliqués dans la prévention de l’épilepsie.

(Sources 06 en bas de page)

Augmentation de la dynamique des mitochondries :

Le jeûne diminue la production cellulaire de particules réactives de l’oxygène, ce qui réduit le stress oxydant induit par la présence des radicaux libres. Cette réduction du stress oxydatif est bénéfique à l’intégrité des cellules et à leur fonctionnement optimal.

Le jeûne a des effets significatifs sur les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Il favorise leur biogenèse, améliore leur efficacité, et induit également une mitophagie (élimination des mitochondries endommagées).

(Sources 07 en bas de page)

Repos du système digestif :

En s’abstenant de manger, le système digestif peut se reposer, favorisant la régénération de la flore intestinale et la réparation de l’épithélium intestinal. Le microbiote intestinal est non seulement impliqué dans l’absorption des nutriments et la digestion, mais également dans de nombreuses autres fonctions telles que l’immunité, la résistance à la douleur, au stress et le contrôle des réactions inflammatoires.

(Sources 08 en bas de page)

Précautions à suivre :

 Bien que le jeûne présente de nombreux bénéfices sur la santé, il n’est pas forcément adapté à toute personne et doit être effectué avec un suivi médical.

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